Cinquième page.

12 Août.12H34.

Alex.
_____Alex était sous le choc. Une marée de honte l'inondait.« Je suis qu'un putain d'irresponsable. ». L'horreur de ces révélations l'avait figé. Envahi par la honte , la colère , la culpabilité , il se laissa tomber sur le canapé défoncé et puant , parmi les chips moisies. Il ne sentait plus rien , n'entendais plus rien , ne voyais plus rien. Il se ressassait la scène , et les larmes coulait lentement sur ses joues.

Karence.
_____Elle avait l'impression de se retrouver 18 jours en arrière. La revoilà dans une des pièces stérile de la baraque , en train de hurler sa colère. Les larmes de frustration coulait sur son visage déformé dans un rictus de haine. Elle ne se contrôlait plus. Trop de choses enfouies depuis trop d'années. Elle commença à frapper sur les murs. De plus en plus fort. De plus en plus vite. la douleur lui arrachait des grimaces et elle sentait ses poings en feu. Bientôt , elle sentit ses mains craquer , et le sang chaud suinter. Les larmes coulait toujours , mais cette fois de douleur. Ses bras étaient ensanglantés. Puis d'un coup , elle s'arrêta. Brusquement , elle sentit toute énergie l'abandonner , et son corps devint celui d'une poupée de chiffon. Ses jambes devinrent coton , son cerveau s'endormit. Le choc de la chute sur le parquet , elle ne le ressentit pas.

# Posté le samedi 19 juillet 2008 17:55

Modifié le jeudi 24 juillet 2008 19:32

Sixème page.

17 Août.17h41

_____Karence émerge d'un sommeil sans rêve. Son esprit essayait de se souvenir de cette dernière semaine , mais ses neurones encore endormis par les calmants qu'on lui a injecté ne répondent pas à l'appel. Elle pousse un faible gémissement. Elle entend du bruit dans un coin de la pièce. Puis plus rien. Maintenant , il faut ouvrir les yeux. Cette petite action stupide semblait une action surhumaine pour ses paupières gonflées. Un effort désespéré et ses yeux se cognent à lumière aveuglante. Un choc trop dur pour ses iris dans le noir depuis une semaine. Elle essaye de bouger ses doigts , mais cela lui arrache une douleur cuisante.


- BOUGE PAS OU J'TE RENDORS !

_____Le hurlement lui fait mal aux tympans. Elle essaya de répondre , sa bouche pâteuse arrivait à sortir quelques sons. Elle n'avait quasiment plus de voix et ses lèvres sèches craquaient à chaque mot qu'elle débitait lentement.

- C'est ... bon .... Je bougerais pas ... Mon cul

_____Malgré son état pitoyable elle n'a pas perdu la colère qui l'anime depuis plus d'un mois. « A trop mourir , On pose les armes ...». La chanson de David. « Ne pas penser à ça , pas maintenant , c'est vraiment pas le moment. ». Elle a compris depuis quelques minutes qu'elle est à l'hôpital. Puis elle se souvint : ses mains.

- Vaut mieux. Parce que bon , j'voudrais éviter de t'anesthésier encore une fois.
- Mais qu'est ce que j'ai fait ?

La voix a ris. Un rire sans joie qui montrait que Karence lui avait fait la vie dure depuis quelques jours. Elle commença à raconter cette dernière semaine.

- T'es arrivée aux urgences dans les bras d'un homme en larmes. T'était évanouie , et l'homme allait faire sa crise de nerf d'un moment à l'autre. J'te jure , on se serait cru dans un film. On t'as interné d'urgence , t'as la main gauche fracturée et de profondes plaies à la droite. une quinzaines de points ont réussis a refermer les blessures. T'as aussi 3 ou 4 doigts cassés. Tes poignets sont foulés aussi. On a refermé tout ça et mis ce qu'il fallait pendant que t'était évanouie. Ton père nous avait prévenus , à ton réveil tu serait un peu en colère. C'était peu dire par rapport à la fureur dont t'a fait preuve au réveil. Franchement , j'ai jamais vu ça. Depuis 26 ans que j'suis ici , t'es la seule qui a crisé comme ça. Quand tu t'es réveillé , j'te surveillait. Tu m'as vu , t'as vu que t'était dans une chambre d'hôpital et tu m'a dit avec une voix de psychopathe " Laissez moi partir ". Bien entendu , j'ai répondu par la négative , et t'as commencé a gueuler , à te lever de ton lit , a foutre le dawa dans la chambre. T'allais réveiller tout l'étage si 4 ou 5 hommes et l'infirmière de garde étaient pas arrivée. Mais t'avait la rage , ça c'est sur. T'as donné des coups de pied de partout. T'étais incontrôlable. Tout le monde paniquait , on avait l'impression que t'allait tout détruire. Puis t'as eu le malheur de frapper un infirmier avec tes mains. Tu t'es effondré de douleur sur ton lit. T'avait fait péter deux ou trois points ,sa pissait le sang. L'infirmière en a profiter pour te faire une piqûre anesthésiante et tu t'es endormi aussi sec. On étais tous sidérés , jamais un patient n'avait été si en colère que toi. Puis à chaque fois que tu te réveillais , tu voulais recommencer , mai les piqures ont vite fait de te rendormir. 4 ou 5 pas jour , c'était surréaliste comme on arrivait pas a te calmer. On pouvait pas t'attacher sinon on aurait aggravé l'état de tes mains. Donc on était obliger de t'endormir. On t'as mis sous perfusion pour bouffer , bref tétait un vrai légume ces derniers jours. Et puis depuis 2 jours , doucement tu t'es calmé. Remarque t'est dans un tel état que ça t'était plus facile de te revolter.


Karence ne savait pas si elle devait être fière ou honteuse , rire ou pleurer. Mais la personne n'avait pas fini.

- Bon ma poule j'vais t'annoncer des choses pas forcément plaisante : alors un conseil ,si tu tapes scandale encore une fois je te rendors et crois moi au réveil je serais pas compréhensive. Tu va encore rester une semaine ici pour soigner ta main , mais pas seulement. Ici t'es dans le service psychiatrie. Un psy' va étudier ta colère assez impressionnante et va essayer de t'aider. Voilà , quelque chose à dire?

- Laissez moi partir.
- C'est ça. Bon , essaye de bouger un p'tit peu dans tes draps. Enfin déjà ouvre les yeux.

_____Karence fis un effort surhumain et ouvrit les yeux , et les gardas ouverts. Elle examina la pièce , impersonnelle , comme toutes les chambres d'hôpital. Elle était avec une autre personne , tellement mince qu'on aurait dit une feuille de papier entre les draps. Puis elle examina la personne qui avait monologué quelques instants avant.
C'était une personne de environ 52 ans ,assez enveloppée , le regard dur, la bouche crispée.« Une personne fatiguée par la vie. ».

- Impeccable. Je vais prévenir le Docteur Roublet que t'es réveillée. Le repas c'est a 19H30 et couvre feux 21H30. A bientôt.

# Posté le mardi 22 juillet 2008 16:45

Modifié le mardi 26 août 2008 17:16

Septieme page.

19 Août. 10H12.

« Coincée dans ce trou à rat. » Rien à faire,à part s'ennuyer. Le Dr Roublet , psychologue de renom ( Et extrêmement abruti ) passait la voir deux fois par jour pendant 2H15 pour déterminer les causes profondes de sa colère. Karence le savait très bien , et elle n'avait aucune envie de ressasser les souvenirs d'une enfance douloureusement solitaire. Alors elle a inventé un bobard assez énorme du genre qu'elle c'était faite voler sa Barbie Raiponce à 9 ans et qu'elle avait tabassé la tapette qui lui avait arraché sa poupée. Et cet imbécile la croyait sur parole. Au moins , elle avait quelque chose à faire. Mais elle en avait assez. Elle ne pouvait pas rester ici , c'était invivable. Elle ne pouvait pas rentrer chez elle , elle n'aurait pas supporter.« J'ai 16 ans , j'ai l'indépendance d'une fille de 21 ans. J'ai le physique d'une de 18 ans. A moi la liberté. » Elle y avait songé , elle avait mis en place. « Maintenant faut sortir d'ici. ». Elle était bien embêtée , parce que se servir de ces mains n"était pas encore facile , malgré la rééducation. Mais il y avait sa voisine , l'anorexique.

- Psssst.
- Oui ?
- J'voudrais que tu m'aides.
- Que puis-je faire ?

_____En disant ça , l'anorexique bondit avec une énergie stupéfiante pour une personne comme elle. D'ailleurs , la jeune fille surprit le regard ébahi de Karence. Elle rit doucement.

- Et oui , j'ai la forme. En fait , je ne suis pas anorexique. Je contrôle ma faim et mon poids à volonté. Alors faire croire à mes parents que je suis anorexique et être internée était le moyen de sortir de l'enfer de chez moi. Bref , alors en quoi puis-je t'aider ?
- Ah euh ben en fait , je dois partir d'ici.
- Mmmmh. Et comment compte tu faire ?
- J'vais téléphoner à ma meilleure amie. Elle peut m'aider je le sais... Mais bon , mes mains ne me permettent pas de tenir quoi que ce soit ...

_____En effet , les mains de Karence ne pouvait lui servir à grand chose. Elle étaient enrubannées dans compresses stériles et ne bougeait que pour la kiné.

- Mmmh j'ai compris. Tu veux que je remplace tes mains.
- Oui voilà en quelque sorte.
- Alors c'est parti.

# Posté le jeudi 07 août 2008 16:24

Modifié le mardi 26 août 2008 17:17

Huitième page.

19 Août. 10H13.
_____Karence ne savait pas trop comment annoncer tout ça à Laurence , qui n'avait pas eu de ses nouvelles depuis son déménagement. « Je doit tenter le tout pour le tout.».


- Bien.Prend mon portable , il est dans la petite table à côté de mon lit. Vas dans mon répertoire , cherche Laurence.



- Euuh ... Y'as pas de Laurence
- Ah oui , c'est vrai. Cherche " BEST <3 "
- Trouvé. Ensuite ?
- Appuie sur la touche verte et colle le portable à mon oreille.

« Ça répond. J'ai peur. J'ai le trac. J'ai le c½ur qui bat. J'ai l'impression de faire une grosse bêtise ... Mais je peux le faire , je peux sortir de cet enfer.»

- Allô ?
-Lau...Laurence ?
- C'est mon prénom. Qui est à l'appareil ?
- Best ...

_____Karence sentait sa gorge se serrer. « Rester forte. ». Laurence eu un temps de réaction assez long puis elle se déchaina dans le combiné.

- KARENCE ! MON DIEU JE CROYAIS PLUS JAMAIS ENTENDRE PARLER DE TOI !MA CHERIE QU'EST CE QUE TU DEVIENS ? TU SAIS TU ME MANQUE HORRIBLEMENT !TU NOUS MANQUES HORRIBLEMENT! TU SAIS DAV...

_____Karence sentit son c½ur rater un battement. C'était pas le moment de parler de lui.

- Laurence ma chérie , je sais que c'est précipité de te demander ça mais j'ai besoin de toi.

_____Et elle commença a lui raconter son calvaire. Sa nouvelle baraque , les jours passées dans la solitude et le chaos le plus total , la crise avec son père , l'hôpital et son projet. Elle ne faisait plus attention à l'anorexique , qui elle par contre la regardait avec des yeux à la fois respectueux et apeurés. Elle devait prendre Karence pour une fille courageuse mais aussi complètement taré. Pour Karence , parler de tout ça était trop , elle ne pouvait retenir les larmes. Pendant le long récit des vacances de Karence , Laurence était restée silencieuse , choquée.

- ... Et voilà , je suis coincée ici et je veut partir. Y'as que toi qui peut m'aider. Laurence , sort moi de là !
- Ma chérie , mon amour , ma best , ma vie , est ce que tu te rend compte de ce que tu veux faire ? Est ce que tu te rend compte de ce que t'as fait ? Tu t'engage dans un parcours difficile et tu va morfler , galérer , tout ce que tu veux. T'as 16 ans et juste ton brevet en poche ! T'as une approche de la vie difficile , mais la vie quotidienne c'est la jungle ! Retourne a SPLV * avec moi et les autres ! Si il faut je t'héberge , ou on se débrouillera t'inquiète. Et puis , tes parents t'y a pensé ?
- Oui , justement , j'ai pensé à tout. Les parents ? Je m'en tape. Je veux pas entendre parler de ces irresponsables. Tu sais ta proposition me touche , mais j'ai besoin de changer d'air. Retourner a SPLV me rappellerait des souvenirs trop durs,c'est au dessus de ma force.
- Mais comment vas tu vivre ?T 'es même pas majeure ?
- Ne t'inquiète pas , j'ai les moyens de changer ...

_____En disant ça , Karence c'était assombrie. Un secret de famille était dessous ...

- C'est à dire ...?
- T'occupe. Bref , en tout premier lieu , je dois sortir d'ici.
- Mais t'es où ?
- Euuuh ... Bonne question.

_____L'anorexique , qui n'avait rien dit jusqu'ici , se chargea de la renseigner.

- Hôpital St Roch , Montpellier.
- Punaise Karence , t'aurais pas pu t'échouer plus près !
- Tu crois p'têt que j'ai envie d'être ici ?
- Hum ... Imaginons , tu ne peux pas sortir ?
-Je serai déjà dehors si je pouvais ...
- Bon , en gros tu peut pas sortir ?
- A part si tu m'aides ...
- Mais ...
- Bon écoute , j'vais t'expliquer franchement : j'en ai ras le cul d'être ici , c'est un enfer. je peux pas sortir seule , alors ma chérie tu va te bouger le trou du cul et venir me chercher par je ne sais quel moyen , mais tu va venir OK ? ( De toute façon t'as pas le choix.).

_____Karence avait perdu patience , et le comportement ( Fuyant ) de Laurence l'exaspérait. C'était pas compliqué , elle avait besoin d'elle. Laurence quand a elle , était choquée.
- Mais ... Tu me prends au dépourvu ... Je te promet d'essayer. J'dois te laisser, bisou je t'aime. Je te promet de faire ce qui est en mon possible.

_____Karence demanda a l'anorexique de raccrocher aussi sec. Elle était énervée et épuisée.

- Merci. C'était vraiment génial de ta part. Au fait comment tu t'appelles ?
- Marie.
- D'accord. Encore merci , je te serais éternellement reconnaissante.
- J'dirais pas que c'est normal , mais quand j'peux aider , j'le fait. J'peux te dire quelques chose que j'pense de toi ?
- Euh ... Oui ?
- T'as du caractère. Et je pense que ta persévérance te mènera loin dans ta vie. J'te souhaite de réussir ce que tu veux plus tard ,parce que t'as l'air d'avoir suffisamment morflé comme ça.

_____Karence était émue , et elle espérait que Marie avait raison ...

# Posté le vendredi 08 août 2008 05:05

Modifié le mardi 26 août 2008 17:21









Plus personne ne lit ma fiction :(


La suite bientot les gens , j'ai d'l'idée =D

# Posté le dimanche 21 septembre 2008 14:26

Modifié le jeudi 25 septembre 2008 09:38