17 Août.17h41_____Karence émerge d'un sommeil sans rêve. Son esprit essayait de se souvenir de cette dernière semaine , mais ses neurones encore endormis par les calmants qu'on lui a injecté ne répondent pas à l'appel. Elle pousse un faible gémissement. Elle entend du bruit dans un coin de la pièce. Puis plus rien. Maintenant , il faut ouvrir les yeux. Cette petite action stupide semblait une action surhumaine pour ses paupières gonflées. Un effort désespéré et ses yeux se cognent à lumière aveuglante. Un choc trop dur pour ses iris dans le noir depuis une semaine. Elle essaye de bouger ses doigts , mais cela lui arrache une douleur cuisante.
- BOUGE PAS OU J'TE RENDORS !
_____Le hurlement lui fait mal aux tympans. Elle essaya de répondre , sa bouche pâteuse arrivait à sortir quelques sons. Elle n'avait quasiment plus de voix et ses lèvres sèches craquaient à chaque mot qu'elle débitait lentement.
- C'est ... bon .... Je bougerais pas ... Mon cul
_____Malgré son état pitoyable elle n'a pas perdu la colère qui l'anime depuis plus d'un mois. «
A trop mourir , On pose les armes ...». La chanson de David. «
Ne pas penser à ça , pas maintenant , c'est vraiment pas le moment. ». Elle a compris depuis quelques minutes qu'elle est à l'hôpital. Puis elle se souvint : ses mains.
- Vaut mieux. Parce que bon , j'voudrais éviter de t'anesthésier encore une fois.
- Mais qu'est ce que j'ai fait ?
La voix a ris. Un rire sans joie qui montrait que Karence lui avait fait la vie dure depuis quelques jours. Elle commença à raconter cette dernière semaine.
- T'es arrivée aux urgences dans les bras d'un homme en larmes. T'était évanouie , et l'homme allait faire sa crise de nerf d'un moment à l'autre. J'te jure , on se serait cru dans un film. On t'as interné d'urgence , t'as la main gauche fracturée et de profondes plaies à la droite. une quinzaines de points ont réussis a refermer les blessures. T'as aussi 3 ou 4 doigts cassés. Tes poignets sont foulés aussi. On a refermé tout ça et mis ce qu'il fallait pendant que t'était évanouie. Ton père nous avait prévenus , à ton réveil tu serait un peu en colère. C'était peu dire par rapport à la fureur dont t'a fait preuve au réveil. Franchement , j'ai jamais vu ça. Depuis 26 ans que j'suis ici , t'es la seule qui a crisé comme ça. Quand tu t'es réveillé , j'te surveillait. Tu m'as vu , t'as vu que t'était dans une chambre d'hôpital et tu m'a dit avec une voix de psychopathe " Laissez moi partir ". Bien entendu , j'ai répondu par la négative , et t'as commencé a gueuler , à te lever de ton lit , a foutre le dawa dans la chambre. T'allais réveiller tout l'étage si 4 ou 5 hommes et l'infirmière de garde étaient pas arrivée. Mais t'avait la rage , ça c'est sur. T'as donné des coups de pied de partout. T'étais incontrôlable. Tout le monde paniquait , on avait l'impression que t'allait tout détruire. Puis t'as eu le malheur de frapper un infirmier avec tes mains. Tu t'es effondré de douleur sur ton lit. T'avait fait péter deux ou trois points ,sa pissait le sang. L'infirmière en a profiter pour te faire une piqûre anesthésiante et tu t'es endormi aussi sec. On étais tous sidérés , jamais un patient n'avait été si en colère que toi. Puis à chaque fois que tu te réveillais , tu voulais recommencer , mai les piqures ont vite fait de te rendormir. 4 ou 5 pas jour , c'était surréaliste comme on arrivait pas a te calmer. On pouvait pas t'attacher sinon on aurait aggravé l'état de tes mains. Donc on était obliger de t'endormir. On t'as mis sous perfusion pour bouffer , bref tétait un vrai légume ces derniers jours. Et puis depuis 2 jours , doucement tu t'es calmé. Remarque t'est dans un tel état que ça t'était plus facile de te revolter.
Karence ne savait pas si elle devait être fière ou honteuse , rire ou pleurer. Mais la personne n'avait pas fini.
- Bon ma poule j'vais t'annoncer des choses pas forcément plaisante : alors un conseil ,si tu tapes scandale encore une fois je te rendors et crois moi au réveil je serais pas compréhensive. Tu va encore rester une semaine ici pour soigner ta main , mais pas seulement. Ici t'es dans le service psychiatrie. Un psy' va étudier ta colère assez impressionnante et va essayer de t'aider. Voilà , quelque chose à dire?
- Laissez moi partir.
- C'est ça. Bon , essaye de bouger un p'tit peu dans tes draps. Enfin déjà ouvre les yeux.
_____Karence fis un effort surhumain et ouvrit les yeux , et les gardas ouverts. Elle examina la pièce , impersonnelle , comme toutes les chambres d'hôpital. Elle était avec une autre personne , tellement mince qu'on aurait dit une feuille de papier entre les draps. Puis elle examina la personne qui avait monologué quelques instants avant.
C'était une personne de environ 52 ans ,assez enveloppée , le regard dur, la bouche crispée.«
Une personne fatiguée par la vie. ».
- Impeccable. Je vais prévenir le Docteur Roublet que t'es réveillée. Le repas c'est a 19H30 et couvre feux 21H30. A bientôt.